Bava Metzia 8

Chapitre 8

א הַשּׁוֹאֵל אֶת הַפָּרָה וְשָׁאַל בְּעָלֶיהָ עִמָּהּ אוֹ שָׂכַר בְּעָלֶיהָ עִמָּה. שָׁאַל הַבְּעָלִים אוֹ שְׂכָרָן, וּלְאַחַר כָּךְ שָׁאַל אֶת הַפָּרָה, וָמֵתָה, פָּטוּר, שֶׁנֶּאֱמַר (שמות כב) אִם בְּעָלָיו עִמּוֹ לֹא יְשַׁלֵּם. אֲבָל שָׁאַל אֶת הַפָּרָה וְאַחַר כָּךְ שָׁאַל אֶת הַבְּעָלִים אוֹ שְׂכָרָן, וָמֵתָה, חַיָּב, שֶׁנֶּאֱמַר (שם) בְּעָלָיו אֵין עִמּוֹ שַׁלֵּם יְשַׁלֵּם:
1 Un individu a emprunté une vache, et il a aussi loué le propriétaire de la vache. S’il n’a emprunté la vache qu’après que le propriétaire s’était déjà engagé, et que la vache soit morte, l’emprunteur est acquitté; car il est écrit: Si le propriétaire de l’animal emprunté est avec lui (avec l’emprunteur), celui-ci ne paiera pas (Ex 22, 14). Mais s’il a emprunté la vache, quand le propriétaire ne s’était pas encore engagé, et que la vache soit morte, il doit payer la valeur de la vache; car il est écrit (ibid.): Si le propriétaire n’est pas avec lui, il paiera.
ב הַשּׁוֹאֵל אֶת הַפָּרָה, שְׁאָלָהּ חֲצִי הַיּוֹם וּשְׂכָרָהּ חֲצִי הַיּוֹם, שְׁאָלָהּ הַיּוֹם וּשְׂכָרָהּ לְמָחָר, שָׂכַר אַחַת וְשָׁאַל אַחַת, וָמֵתָה, הַמַּשְׁאִיל אוֹמֵר שְׁאוּלָה מֵתָה, בַּיּוֹם שֶׁהָיְתָה שְׁאוּלָה מֵתָה, בַּשָּׁעָה שֶׁהָיְתָה שְׁאוּלָה מֵתָה, וְהַלָּה אוֹמֵר אֵינִי יוֹדֵעַ, חַיָּב. הַשּׂוֹכֵר אוֹמֵר שְׂכוּרָה מֵתָה, בַּיּוֹם שֶׁהָיְתָה שְׂכוּרָה מֵתָה, בַּשָּׁעָה שֶׁהָיְתָה שְׂכוּרָה מֵתָה, וְהַלָּה אוֹמֵר אֵינִי יוֹדֵעַ, פָּטוּר. זֶה אוֹמֵר שְׁאוּלָה וְזֶה אוֹמֵר שְׂכוּרָה, יִשָּׁבַע הַשּׂוֹכֵר שֶׁשְּׂכוּרָה מֵתָה. זֶה אוֹמֵר אֵינִי יוֹדֵעַ וְזֶה אוֹמֵר אֵינִי יוֹדֵעַ, יַחֲלֹקוּ:
2 Un individu emprunte une vache pour la moitié de la journée et il la loue pour l’autre moitié, ou bien il l’emprunte pour un jour et la loue pour le lendemain, ou bien il emprunte une vache et il en loue une autre; la 1re vache ou la seconde meurt. Le demandeur dit: la vache morte était empruntée, ou bien il dit que la vache est morte pendant qu’elle était empruntée, et le défendeur dit qu’il ne sait pas si l’autre dit vrai ou non; en ce cas le défendeur doit payer. Si le défendeur dit: la vache morte était louée, ou bien il dit que la vache est morte pendant qu’elle était louée, et si le demandeur dit qu’il ne sait pas si l’autre dit vrai ou non, le défendeur est acquitté. Si le demandeur dit que la vache morte était empruntée, et le défendeur dit qu’elle était louée; celui-ci prêtera serment qu’il dit la vérité (et il sera acquitté). Si le demandeur et le défendeur n’ont que des doutes, ils se partageront entre eux la valeur de la vache morte.
ג הַשּׁוֹאֵל אֶת הַפָּרָה, וְשִׁלְּחָהּ לוֹ בְּיַד בְּנוֹ, בְּיַד עַבְדּוֹ, בְּיַד שְׁלוּחוֹ, אוֹ בְיַד בְּנוֹ, בְּיַד עַבְדּוֹ, בְּיַד שְׁלוּחוֹ שֶׁל שׁוֹאֵל, וָמֵתָה, פָּטוּר. אָמַר לוֹ הַשּׁוֹאֵל, שַׁלְּחָהּ לִי בְּיַד בְּנִי, בְּיַד עַבְדִּי, בְּיַד שְׁלוּחִי, אוֹ בְּיַד בִּנְךָ, בְּיַד עַבְדְּךָ, בְּיַד שְׁלוּחֲךָ, אוֹ שֶׁאָמַר לוֹ הַמַּשְׁאִיל, הֲרֵינִי מְשַׁלְּחָהּ לְךָ בְּיַד בְּנִי, בְּיַד עַבְדִּי, בְּיַד שְׁלוּחִי, אוֹ בְּיַד בִּנְךָ, בְּיַד עַבְדְּךָ, בְּיַד שְׁלוּחֲךָ, וְאָמַר לוֹ הַשּׁוֹאֵל, שַׁלַּח, וְשִׁלְּחָהּ וָמֵתָה, חַיָּב. וְכֵן בְּשָׁעָה שֶׁמַּחֲזִירָהּ:
3 Un individu emprunte une vache à un autre: celui-ci l’envoie au premier par son fils, par son esclave, ou par une autre personne; ou bien il l’envoie par le fils ou l’esclave ou l’ouvrier du premier; la vache meurt avant d’arriver à destination, en ce cas, celui-ci est acquitté. Si l’emprunteur dit au prêteur: “Envoie-moi la vache par mon fils, mon esclave, ou par la personne que je t’enverrai”, ou s’il lui dit: “Envoie-la par ton fils, ton esclave, ou par une autre personne”; si le propriétaire adhère à cette demande, et la vache meurt après que cette personne l’a reçue, l’emprunteur doit en payer la valeur comme s’il l’avait reçue lui-même. Il en est de même au cas où le propriétaire dit à l’emprunteur: “Je veux t’envoyer la vache par mon fils, mon esclave, ou par une autre personne, ou par ton fils, ton esclave, ou par celui que tu m’enverras”; l’emprunteur lui dit: “Fais-le”, et le propriétaire le fait; et la vache meurt après que la personne indiquée l’a reçue; dans ce cas, l’emprunteur doit également en payer la valeur, comme s’il l’avait reçue lui-même, puisqu’il a dit au propriétaire de la vache de la lui envoyer. Ces règles s’appliquent aussi au cas où l’emprunteur rend la vache au propriétaire.
ד הַמַּחֲלִיף פָּרָה בַּחֲמוֹר וְיָלְדָה, וְכֵן הַמּוֹכֵר שִׁפְחָתוֹ וְיָלְדָה, זֶה אוֹמֵר עַד שֶׁלֹּא מָכָרְתִּי, וְזֶה אוֹמֵר מִשֶּׁלָּקָחְתִּי, יַחֲלֹקוּ. הָיוּ לוֹ שְׁנֵי עֲבָדִים, אֶחָד גָּדוֹל וְאֶחָד קָטָן, וְכֵן שְׁתֵּי שָׂדוֹת, אַחַת גְּדוֹלָה וְאַחַת קְטַנָּה, הַלּוֹקֵחַ אוֹמֵר גָּדוֹל לָקַחְתִּי, וְהַלָּה אוֹמֵר אֵינִי יוֹדֵעַ, זָכָה בַגָּדוֹל. הַמּוֹכֵר אוֹמֵר קָטָן מָכָרְתִּי, וְהַלָּה אוֹמֵר אֵינִי יוֹדֵעַ, אֵין לוֹ אֶלָּא קָטָן. זֶה אוֹמֵר גָּדוֹל וְזֶה אוֹמֵר קָטָן, יִשָּׁבַע הַמּוֹכֵר שֶׁהַקָּטָן מָכָר. זֶה אוֹמֵר אֵינִי יוֹדֵעַ וְזֶה אוֹמֵר אֵינִי יוֹדֵעַ, יַחֲלֹקוּ:
4 Un individu échange une vache contre un âne, et la vache a un petit; ou bien un individu vend son esclave qui accouche d’un enfant. L’individu dit que le petit veau, ou l’enfant est né quand la vache ou l’esclave était encore en sa propriété, et l’autre déclare au contraire que la naissance a eu lieu quand la vache ou l’esclave était déjà acquise à lui. Dans ce cas, les deux plaideurs se partageront le petit veau, ou l’enfant. Un individu a eu 2 esclaves ou deux champs, dont l’un est grand et l’autre petit. Il en a vendu un. L’acheteur prétend avoir acquis le grand; le vendeur dit ignorer lequel des 2 a été vendu; en ce cas l’acheteur prend le grand. Si le vendeur prétend avoir vendu le petit et que l’acheteur dit ne plus savoir lequel des 2 il a acheté, il ne peut prendre que le petit. Si le vendeur dit avoir vendu le petit et l’acheteur dit avoir acquis le grand, le vendeur prêtera serment qu’il dit vrai (et il donnera à l’acheteur le petit). Si le vendeur et l’acheteur doutent tous deux, ils se partagent entre eux l’objet en litige.
ה הַמּוֹכֵר זֵיתָיו לְעֵצִים, וְעָשׂוּ פָּחוֹת מֵרְבִיעִית לִסְאָה, הֲרֵי אֵלּוּ שֶׁל בַּעַל הַזֵּיתִים. עָשׂוּ רְבִיעִית לִסְאָה, זֶה אוֹמֵר זֵיתַי גִּדְּלוּ, וְזֶה אוֹמֵר אַרְצִי גִדְּלָה, יַחֲלֹקוּ. שָׁטַף נָהָר זֵיתָיו וּנְתָנָם לְתוֹךְ שְׂדֵה חֲבֵרוֹ, זֶה אוֹמֵר זֵיתַי גִּדְּלוּ, וְזֶה אוֹמֵר אַרְצִי גִדְּלָה, יַחֲלֹקוּ:
5 Un individu vend ses oliviers à un autre (qui les achète pour les couper plus tard et faire usage du bois); en attendant ils ont rapporté un peu d’huile, moins d’un quart par saah, cette huile appartient à l’acheteur. Mais s’il y a un quart que l’acheteur réclame (parce que les arbres lui appartiennent), et le vendeur le réclame, parce que le champ est à lui; les deux plaideurs se le partageront. Si un fleuve a arraché les oliviers du sol d’un individu, qui se trouvent maintenant dans le champ d’un autre individu, où ils ont rapporté des fruits; l’un réclame parce que les arbres lui appartiennent, et l’autre les réclame, parce qu’ils ont cru dans son champ; les 2 plaideurs se les partageront.
ו הַמַּשְׂכִּיר בַּיִת לַחֲבֵרוֹ, בִּימוֹת הַגְּשָׁמִים, אֵינוֹ יָכוֹל לְהוֹצִיאוֹ מִן הֶחָג וְעַד הַפֶּסַח, בִּימוֹת הַחַמָּה, שְׁלשִׁים יוֹם. וּבַכְּרַכִּים, אֶחָד יְמוֹת הַחַמָּה וְאֶחָד יְמוֹת הַגְּשָׁמִים, שְׁנֵים עָשָׂר חֹדֶשׁ. וּבַחֲנוּיוֹת, אֶחָד עֲיָרוֹת וְאֶחָד כְּרַכִּים, שְׁנֵים עָשָׂר חֹדֶשׁ. רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר, חֲנוּת שֶׁל נַחְתּוֹמִים וְשֶׁל צַבָּעִים, שָׁלשׁ שָׁנִים:
6 Si un individu loue une maison à un autre (à raison de tant par mois), il ne peut pas le mettre dehors en hiver, savoir de la fête des tentes à Pâques; s’il veut le mettre dehors, en été, il faut l’en avertir 30 jours d’avance. Dans les grandes villes, on ne peut mettre dehors les locataires ni en hiver ni en été, sans les avertir d’un an d’avance. S’il loue une boutique à un boutiquier, soit dans les petites villes, soit dans les grandes, il doit l’avertir un an d’avance. R. Simon b. Gamliel dit: s’il s’agit d’une boutique d’un boulanger ou d’un teinturier, le locataire de la boutique doit être averti 3 ans d’avance.
ז הַמַּשְׂכִּיר בַּיִת לַחֲבֵרוֹ, הַמַּשְׂכִּיר חַיָּב בַּדֶּלֶת, בַּנֶּגֶר, וּבְמַנְעוּל, וּבְכָל דָּבָר שֶׁמַּעֲשֵׂה אֻמָּן. אֲבָל דָּבָר שֶׁאֵינוֹ מַעֲשֵׂה אֻמָּן, הַשּׂוֹכֵר עוֹשֵׂהוּ. הַזֶּבֶל, שֶׁל בַּעַל הַבַּיִת, וְאֵין לַשּׂוֹכֵר אֶלָּא הַיּוֹצֵא מִן הַתַּנּוּר וּמִן הַכִּירַיִם בִּלְבָד:
7 Si un individu loue une maison, il doit au locataire les portes, les verrous, la clef et tout ce qui peut être fait par un ouvrier; mais le locataire est obligé de faire lui-même ce qui peut être fait par tout le monde. Le fumier appartient au patron; le locataire n’a droit qu’aux cendres du four et des foyers.
ח הַמַּשְׂכִּיר בַּיִת לַחֲבֵרוֹ לְשָׁנָה, נִתְעַבְּרָה הַשָּׁנָה, נִתְעַבְּרָה לַשּׂוֹכֵר. הִשְׂכִּיר לוֹ לֶחֳדָשִׁים, נִתְעַבְּרָה הַשָּׁנָה, נִתְעַבְּרָה לַמַּשְׂכִּיר. מַעֲשֶׂה בְצִפּוֹרִי בְּאֶחָד שֶׁשָּׂכַר מֶרְחָץ מֵחֲבֵרוֹ בִּשְׁנֵים עָשָׂר זָהָב לְשָׁנָה, מִדִּינַר זָהָב לְחֹדֶשׁ, וּבָא מַעֲשֶׂה לִפְנֵי רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל וְלִפְנֵי רַבִּי יוֹסֵי, וְאָמְרוּ, יַחֲלֹקוּ אֶת חֹדֶשׁ הָעִבּוּר:
8 Si un individu loue une maison à quelqu’un pour un an, le mois ajouté (embolismique) appartient au locataire. S’il a loué au mois, le mois ajouté appartient au propriétaire de la maison. Un individu loue à Sipporï une maison de bains, en disant qu’il la loue pour 12 dinars d’or par an, ou un dinar d’or par mois; comme l’année était alors de 13 mois, on se présenta devant R. Simon b. Gamliel et R. Yossé, qui dirent: Il faut partager le mois ajouté entre le locataire et le propriétaire.
ט הַמַּשְׂכִּיר בַּיִת לַחֲבֵרוֹ וְנָפַל, חַיָּב לְהַעֲמִיד לוֹ בָּיִת. הָיָה קָטָן, לֹא יַעֲשֶׂנּוּ גָדוֹל, גָּדוֹל, לֹא יַעֲשֶׂנּוּ קָטָן. אֶחָד, לֹא יַעֲשֶׂנּוּ שְׁנַיִם, שְׁנַיִם, לֹא יַעֲשֶׂנּוּ אֶחָד. לֹא יִפְחֹת מֵהַחַלּוֹנוֹת וְלֹא יוֹסִיף עֲלֵיהֶן, אֶלָּא מִדַּעַת שְׁנֵיהֶם:
9 Un individu loue une maison à un autre pour un certain espace de temps, et la maison s’écroule avant le terme, le propriétaire est obligé de fournir une autre maison au locataire. Si la maison était petite, il ne la fera pas grande; si elle était grande, il ne la fera pas petite; si elle n’avait qu’une pièce, il ne la fera pas de 2; si elle avait 2 pièces, il ne la fera pas d’une pièce. La maison qu’il fera n’aura pas moins ni plus de fenêtres que l’ancienne, à moins que le locataire et le propriétaire consentent tous les deux au changement.